La Démarche

40 ans de peinture – 100 expositions


Mon travail artistique repose sur la couleur et la matière, pour créer une réalité poétique et onirique, pour supporter le réel. Ma carrière montre l’évolution de mon processus créatif et sa maîtrise.
Je suis très inspirée par notre monde contemporain, la mode, le design, les arts, mais je reste souvent en retrait pour ne pas en subir directement les secousses.

« Réveillez-vous, ayez du courage, de la volonté, de l’énergie, voyez le beau pour ce qu’il est ! »

De l’abstraction à la figuration : une réponse poétique au chaos du monde

Pendant plus de quarante ans, mon langage a été celui de l’abstraction : un espace de liberté pure, où la couleur, la matière et le geste incarnaient l’invisible, l’émotion brute, l’infini des possibles. L’abstraction, c’est l’art de suggérer, de laisser l’œil et l’esprit du spectateur vagabonder, se perdre et se retrouver.

Mais le monde a changé. Les dernières années ont été marquées par des secousses politiques, sociales, environnementales qui ont ébranlé nos certitudes et nos équilibres. Face à ce chaos, j’ai ressenti le besoin de revenir à l’essentiel, au tangible, à ce qui nous relie tous : la beauté simple et universelle du vivant.

Les fleurs en bouquet, c’est la vie qui résiste, qui éclot malgré tout. C’est une célébration de l’éphémère, une métaphore de la fragilité et de la résilience. Chaque fleur, chaque feuille, chaque tige porte en elle une histoire, une symbolique, une émotion. Peindre des bouquets, c’est capturer l’instant, c’est dire « oui » à la beauté, même quand le monde semble s’obscurcir.

Ce passage de l’abstraction à la figuration n’est pas un renoncement, mais une métamorphose. C’est une façon de donner à voir, de manière plus directe, ce que l’abstraction exprimait de manière voilée : l’espoir, la vitalité, la persévérance. Mes bouquets ne sont pas de simples représentations ; ils sont des manifestes de joie discrète, des actes de résistance poétique.

À travers mes œuvres, j’invite le spectateur à ralentir, à observer la délicatesse d’un pétale, la complexité d’un feuillage, l’harmonie des couleurs. C’est une méditation sur le temps, sur la beauté qui persiste, sur la nécessité de cultiver l’émerveillement au quotidien.